Mars – Ben Bova

couverture de Mars de Ben BovaMars de Ben Bova raconte la première expédition humaine sur la planète rouge. C’est de la hard science-fiction, mais rien de compliqué ou de rébarbatif là-dedans. Il y a bien sûr de la science et de la découverte, présentées de façon passionnante. Mais l’auteur a mis un accent particulier sur les personnages, la politique et la psychologie, le tout avec brio. Une aventure humaine extraordinaire.

Quatrième de couverture

2020. À l’instigation d’un scientifique brésilien, Alberto Brumado, une mission d’exploration vers la planète rouge va enfin voir le jour.Vingt-cinq candidats de toutes nations ont été sélectionnés pour cette odyssée sous contrôle russo-américain. Après un voyage de neuf mois, toute l’équipe devra désormais se confronter à l’hostilité de la planète mais également aux tensions, jalousies et conflits inévitables après une longue période de huis clos. Chacun rêve de découvertes extraordinaires, mais la réalité est plus prosaïque : tempêtes de sable, pluies de météorites, virus mystérieux…

Mon impression

Le premier point qui m’a marqué dans Mars de Ben Bova, c’est le personnage principal : James Waterman (surnommé Jamie). Le truc particulier chez lui, c’est qu’il n’est pas un Américain Blanc, comme on en trouve souvent dans la science-fiction. En effet, Jamie est un Amérindien. Un Peau-Rouge sur la planète rouge ! Une plaisanterie évoquée plusieurs fois dans le roman. Intégré à la dernière minute dans l’équipe martienne, Jamie sera traversé par des sentiments contradictoires tout au long de l’histoire. Il n’est qu’un remplaçant, Américain en plus, mais pas tout à fait. Rien qu’un paria. Que fait-il ici, sur Mars ? Ce personnage en lui-même représente peut-être ce qu’éprouvent certaines personnes possédant au moins deux cultures. C’est peut-être pour cela, j’avoue, que je m’identifie assez bien à lui.

Mais il n’y a pas que Jamie. Les personnages de Mars de Ben Bova sont hauts en couleurs dans leurs caractères. Les mettre ensemble dans un même vaisseau spatial pendant plusieurs mois n’est pas une mince affaire, psychologiquement parlant. Que se passerait-il si des hommes et des femmes sont amenés à cohabiter dans un lieu clos ? Ben Bova répond à cette question avec une finesse psychologique rare dans la hard science-fiction.

L’auteur y ajoute également un vernis politique, qui souligne sa clairvoyance. L’exploration humaine de l’espace résulte avant tout de la volonté politique. Tant que les hautes instances ne donnent pas le feu vert, l’homme ne marchera pas sur Mars. (Du coup, 2020 devient une date bien trop optimiste pour un tel exploit.) Dans Mars de Ben Bova, c’est le charisme d’un homme, Alberto Brumado qui est le catalyseur de cette volonté politique. Néanmoins, qui dit politique, dit aussi cynisme, realpolitik, conflits d’égos et langue de bois. Jamie Waterman l’apprendra à ses dépens, en prononçant par maladresse des mots navajos à la place du discours officiel.

Tout ça rend ce roman très intéressant. Mais ce ne sera pas de la hard science-fiction sans la science. Qu’importe qu’il soit publié dans les années 90s et que les connaissances sur Mars aient évolué, Mars de Ben Bova conserve intact le sens du merveilleux scientifique. Hypothèses, indices, intuitions, explorations, échecs, reprises, voire réussite : toute l’aventure scientifique est-là. Et c’est avec fébrilité et excitation que nous découvrons, sous le regard des protagonistes, la planète Mars et ses mystères. Des mystères pas complètement révélés, aussi bien dans ce roman qu’ici, dans le monde réel. À lire.

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