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Covid-19 : les Etats-Unis autorisent pleinement le vaccin Pfizer, qui devient obligatoire dans l’armée

Ce lundi, les Etats-Unis ont pleinement approuvé le vaccin de l’alliance Pfizer-BioNTech pour les personnes de 16 ans et plus, une décision qui devrait aider à renforcer les efforts de vaccination dans le pays où le variant delta fait rage.
par LIBERATION et AFP
publié le 23 août 2021 à 19h39

Il était injecté depuis des mois sans autorisation définitive. C’est désormais chose faite. L’Agence américaine des médicaments, la FDA, a déclaré dans un communiqué ce lundi avoir «approuvé le premier vaccin contre le Covid-19» dans le pays pour les personnes de 16 ans et plus. Le vaccin de Pfizer, qui bénéficiait depuis décembre d’une autorisation d’urgence, continue à être disponible pour les enfants et adolescents de 12 à 15 ans sous cette autorisation conditionnelle, précise l’agence.

Selon un sondage de la Kaiser Family Foundation en juin, environ un adulte américain non vacciné sur dix avait déclaré qu’il serait plus enclin à recevoir une injection si l’un des sérums était complètement approuvé par les autorités sanitaires. «L’un des arguments du mouvement anti-vaccin, qui clamait à tort qu’il s’agissait d’un vaccin expérimental, a été balayé», s’est ainsi félicité auprès de l’AFP le docteur Amesh Adalja, du centre Johns Hopkins pour la sécurité sanitaire.

«Même si des millions de personnes ont déjà reçu de façon sûre des vaccins contre le Covid-19, nous reconnaissons que pour certains, cette autorisation pourra donner plus de confiance dans la vaccination», a également assuré la cheffe par intérim de la FDA, Janet Woodcock, citée dans le communiqué. Avant d’ajouter : «L’importante étape d’aujourd’hui nous rapproche un peu plus de renverser le cours de la pandémie aux Etats-Unis.» Une vision défendue par Joe Biden qui a renchéri dans un tweet que la mesure «devrait conférer davantage de confiance dans le fait que ce vaccin est sûr et efficace.»

L’autorisation se fonde sur des essais cliniques comprenant environ 20 000 personnes de 16 ans et plus ayant reçu le vaccin, 20 000 ayant reçu un placebo et environ 12 000 personnes suivies pour au minimum six mois, précise l’Agence. «Nous avons évalué les données scientifiques et les informations incluses dans des centaines de milliers de pages» et «conduit notre propre analyse de la sûreté et de l’efficacité» du vaccin, a détaillé Peter Marks, responsable scientifique au sein de la FDA. Précisant que le processus de production du vaccin avait également été vérifié, y compris via des visites d’usines. L’autorisation comprend néanmoins un avertissement sur un risque accru de myocardite, une inflammation du muscle cardiaque, après la vaccination. Ce risque est plus élevé chez les jeunes hommes, dans les sept jours suivant la deuxième injection.

Vers une vaccination obligatoire

Cette autorisation complète pourrait non seulement convaincre certains hésitants, mais elle pourra aussi permettre à certaines autorités d’imposer la vaccination sans crainte de recours légaux. Le Pentagone avait notamment annoncé que tous les membres des forces armées américaines devraient être vaccinés une fois l’autorisation complète annoncée. La ville de New York a également indiqué que le personnel des écoles, dont les enseignants, devraient avoir reçu au moins une dose de vaccin avant le 27 septembre. Une mesure qui touche près de 150 000 employés. Mais pour le moment, seul 63% du personnel éducatif est vacciné.

Une autorisation complète permet par ailleurs aux médecins, comme pour tout médicament, de prescrire un remède hors des recommandations. Cela pourrait donc conduire certains professionnels à décider d’administrer le vaccin à des enfants fragiles de moins de 12 ans, pour lesquels il n’est pas encore autorisé, même en urgence. Cette pratique devrait toutefois rester rare, sachant que des données d’essais cliniques sont attendues rapidement pour cette population. Pfizer a en effet annoncé en mars avoir débuté des essais sur des milliers d’enfants âgés de 6 mois à 11 ans, et si les résultats s’avèrent concluants, le laboratoire espère être le premier à déposer une demande d’autorisation en urgence du vaccin pour les 5-11 ans en septembre.

Si le rythme des vaccinations avait très fortement ralenti entre début avril et début juillet, la courbe des injections quotidiennes est depuis plusieurs semaines de nouveau en hausse. Le nombre d’immunisations croît notamment dans les Etats enregistrant le plus grand nombre de cas quotidiens, une flambée due au variant delta, hautement contagieux. Le 13 août, les Etats-Unis avaient déjà franchi un cap en autorisant l’injection d’une troisième dose de vaccin Pfizer ou Moderna contre le Covid-19 pour les personnes au système immunitaire affaibli. Actuellement, plus de 200 millions de personnes, soit près de 61% de la population américaine, ont reçu au moins une dose de vaccin (en majorité du sérum de Pfizer-BioNTech).

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